Le famadihana est une coutume funéraire de Madagasacar, basée sur la croyance selon laquelle le mort rejoint le monde des ancêtres après la décomposition complète du corps et l’accomplissement de certains rites.

Elle est aussi un moment privilégié de communion entre les vivants et les morts, de contacts non seulement spirituels mais aussi physiques. Elle permet aux vivants de confirmer à leurs ancêtres tout leur respect et à recueillir leurs bénédictions. La cérémonie intervient généralement suite à un rêve fait par un descendant : le défunt lui dit qu’il a froid. Alors, sur l’avis du Mpanandro (devin) qui fixe la date, est organisée une grande fête réunissant par l’ensemble de la filiation du mort.

Le jubilé est structuré en différentes grandes étapes :

  • Le fomba au cours duquel sont sacrifiés des zébus afin de demander leur accord aux ancêtres.

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Rassemblement autour du nouveau tombeau

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Vers le sacrifice

  • Le tombeau est ouvert.

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En route vers l'ancien tombeau...

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Le tombeau initial était enterré, il faut donc creuser pour exhumer les ancêtres.

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Recueillement au pied du tombeau

  • L'exhumation des morts revêtus d’un nouveau lamba (linceul) par les zanadrazana (descendants des personnes exhumées).

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Des femmes vont chercher des ancêtres.

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Sortie du tombeau

  • Les corps sont portés sur les épaules ou à bout de bras et farandoles des vivants avec leur morts.

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  • Les corps sont déposés sur le sol (mais jamais à même la terre) et entourés par les membres de la famille.

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Etendus sur une latte au sol, des ancêtres...

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... ensuite transportés en corège pour être présentés aux invités.

  • Une messe est célébrée  à la mémore des ancêtres.

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  • Une veillée des morts se déroule toute la nuit.
  • Les morts sont promenés 7 fois autour du tombeau, avant de le rejoindre.

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Vue d'ensemble: Un ancêtre (Bas à gauche) commence ses tours du tombeau...

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(Le T-shirt bleu est un signe de reconnaissance pour les descendants d'un même ancêtre)

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L'entrée au tombeau

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     A la fois devoir et évènement de joie, tout le rituel s’effectue toujours en musique sur les airs traditionnels de la région « hira gasy » composées de trompettes et de tambours, ainsi qu’en danses, pour appeler les esprits.

Dans les deux photos ci-dessous les danses sont celles précédents l'éxhumations des, Les nattes et les linceuls, portés joyeusement vers le ciel sont ceux qui serviront à envelloper  les ancêtres.

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Ci-dessus, des danses autour du nouveau tombeau pour accompagner les ancêtres dans leur nouvelle demeurre, les musiciens jouant sur le toi du tombeau.

Pouvant durer plusieurs jours, ces festivités demandent une grande logistique des festivités. Il faut en effet, prévoir suffisament Varibemenaka, plat de riz et de viande (zébu ou porc) bien grasse, et de  toaka (rhum local); quelques un des invités contribuent au cout en remettant une participation, le kodrazana.

Pratiquée dans toute l’ile, le famadihana apparaît comme un ciment non seulement pour la famille mais aussi pour l’ensemble de la société malgache.

Elle constitue également une dédramatisation et démystification de la mort, en faisant vivre à jamais les morts auprès des vivants. Elle est l’instant privilégié pour recueillir la bénédiction des ancêtres, intermédiaires proches avec Andriatmanitra, le « prince parfumé » des malgaches. Ce rôle s’illustre particulièrement par le partage des nattes ayant accueilli les ancêtres, porte bonheur pouvoir de fécondité dans certaines régions.

« Dia samy ho tahin’Andriamanitra sy ny ranzana"; ce qui signifie que Dieu et les ancêtres nous protègent, entend-on souvent lors de ces cérémonies. Ainsi donc tout au long d’un famadihana, se mélangent croyances chrétiennes et surnaturelles.

J'ai eu la chance de pouvoir participer à un tel évènement en novembre dernier (Merci à Mamy et toute sa famille), et au delà des images et du souvenirs des rencontres faites, de ces moments, je garde l'impression d'une grande énergie échangée. «Je dis que le tombeau qui sur les morts se ferme / Ouvre le firmament / Et que ce qu’ici-bas nous prenons pour le terme / Est le commencement.» [Victor HUGO]